Que devient LézArts Humanitaire 2009
La période de novembre 2008 à février 2009 aura encore permis de faire avancer
les projets qui nous motivent au sein de l'association.
Le projet de construction d'une nouvelle salle de classe était initialement prévu à Inagoungour, petit village Touareg situé au nord est d'Abalak.
En raison d'une mésentente villageoise, nous avons préféré abandonner temporairement le site pour nous rabattre sur Tamaya, groupement peul situé dans la région de Ingal.Ce lieu a été choisi parmi une liste de 7 sites potentiels que nous avait communiqués notre partenaire, l'ONG Aourindé. Là, ce sont des problèmes liés à l'insécurité qui nous ont fait renoncer.
Le village de Tatis, à 40 km au sud est D' Abalak avait formulé une demande depuis maintenant
plus de 3 ans, nous avons fait le choix d'y construire la nouvelle école.
Le village de Tatis
Comme les années précédentes, nous avons construit un bâtiment de 100m2 comprenant une salle de classe de 75 m2 et un local contigu de 25m2 qui a permis après notre départ de servir d'habitation à Ado l'instituteur et faire venir sa famille. Du petit matériel d'entretien a été laissé à la disposition de l'instituteur et des habitants (brouette, pelle,râteau, ardoisine)
L'achat de matériel scolaire(livres guides) est venu compléter notre action.
Notre action visant aussi à apporter notre aide aux personnes désireuses de se sédentariser, nous avons proposé d'assurer le transport de l'eau destinée à la fabrication de briques(2000)
ainsi que l'argile utilisé comme liant sur les lieux de construction de 4 cases et une maison.Nous avons participé à la rénovation d'un puits en effectuant le transport de 4 m3 de sable ainsi que la fourniture de 17 sacs de ciment.
Une coopérative féminine destinée à l'engraissement des animaux a aussi été créée.Après la désignation du bureau, le lézarts a fait un don de 75 euros et nous nous sommes engagés à repasser en 2010 pour faire le point.
Pendant la durée des travaux, Solenne et Aurore se sont occupées de soigner les maladeset dispenser des cours d'alphabétisation en compagnie de Léo.
A la fin des travaux nous nous sommes rendu à Dilafata, là où nous avions construit la salle de classe l'année passée.
Le village de Dilafata
Un don de 5 sacs de ciment est venu aider la population à remettre en état le puits.
Nous avons fait fabriquer un échafaudage pour permettre aux habitants de faire l'entretien des enduits de l'école et plus, si besoin.
Un don de 150 euros a été consenti à l'instituteur pour compléter l'achat d'une moto.
L'installation d'un système photovoltaïque, panneau+ 3 néons, permettra aux enfants de travailler le soir et aux parents de se réunir.
Cette visite nous aura permis de constater que les enfants fréquentent relativement régulièrement l'école.
Le village de Tagayet
Un don de ciment a permis d’améliorer l'écoulement de l'eau au puits.
C'est avec satisfaction que nous avons constaté que les travaux étaient effectués par les habitants ayant travaillé sur le chantier de construction de la classe.Ils bénéficient de la possibilité d'utiliser les outils que nous laissons à notre atelier et ils ne s'enprivent pas.
L'enduit de la case de passage, de l'école et de certains bâtiments a été rénové.
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Les poteaux indicateurs métalliques que nous avions installés voilà deux ans ont disparu, nous avons décidé de les remplacer par des poteaux plus massifs en béton armé.
Faute de temps, ils ne seront peints et installés qu'à notre prochaine venue. Un don de 125 euros
est venu aider le second instituteur pour l'achat d'une moto.L'installation d'un système photovoltaïque identique à celui de Dilafata a aussi été installé.
L'UNICEF, à notre arrivée, mettait en place un projet destiné à la coopérative des femmes.
Celles ci ont pu bénéficier d'une formation destinée à l'usage des produits vétérinaires et
d'un don d'une vingtaine de chèvres.De notre côté, avec l'aide de Monique et de deux associations canadiennes (partage et solidarité), nous avons décidé de conforter l'association des femmes de Tagayet créée il y à 3 ans. Une somme de 1145 euros a été utilisée pour permettre l'achat de 29 chèvres adultes et de 2 petits venus grossir le cheptel de la coopérative déjà existant.
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Pour nous permettre de cerner l'intérêt des peuls vis à vis de la sédentarisation,
nous effectuons un recensement dans les villages que nous aidons.
A ce jour, ce sont 17 maisons qui sont sorties de terre et la population avoisine les 110 personnes.
D'autres nouvelles
Après notre départ, certains instituteurs se sont mis en grève. Au bout de trois mois, ils ont été purement et simplement licenciés et remplacés. Sur les 4 instituteurs qui travaillaient dans nos écoles, 2 se sont fait renvoyer. Dans l'académie, ce sont 22 instituteurs qui ont été remerciés.
Les projets
L'école que nous souhaitions construire à Inagoungour l'année passée pourra voir le jour, nous l'espérons cette année. Le maire d'Abalak dont dépend Inagoungour nous a assuré que rien ne s'opposait dorénavant à notre venue.
Nous réfléchissons aussi à une construction à Abalak(préfecture)qui permettrait de loger les enfants ayant terminé leur scolarité dans le primaire et désireux de continuer au collège.
Quelques nouvelles de la coopérative “Le Lézard de Dan Marké”
Le village de Dan Marké qui avait reçu notre aide en 2000 et 2001: banque céréalière,
moulin décortiqueur et farineur, mise en place d'Activités Génératrices de Revenus (A.G.R)
souhaite la participation de notre association pour l'installation d'un système de pompage :
projet dont ils sont les instigateurs. Le village comprend plus de 1500 habitants.
Que devient LézArts Humanitaire 2008
Compte rendu du 08 septembre 2007 au 17 décembre 2007
Cette année aurait dû se tenir, à Tagayet, l’Assemblée Générale des Peuls wadaabé..
Nous avons mobilisé en France toute une équipe médicale pour apporter des soins aux quelques 7000 à 10 000 personnes attendues lors de la manifestation. Un médecin, Philippe, une infirmière, Julie, ainsi que Aurore, kinésithérapeute, deux personnes pour filmer et assurer la sonorisation de la manifestation, Andréas et Alex, ainsi que deux autres personnes polyvalentes, Mijanou et Edouard.
Plus de 70 kg de médicaments et de matériel médical dans les bagages ainsi que l’achat de 263 000 cfa de médicaments spécifiques à Ouagadougou sont venus compléter notre "panoplie".Huit jours avant de partir, nous apprenons que l’Assemblée Générale est annulée.
La raison invoquée est le problème d’insécurité lié à la rébellion Touareg au Nord d’Agadez (300km au nord). Logiquement on ne risque rien mais ? ?
La décision est prise, nous y allons.
le 19 septembre 2007, l’équipe médicale se met au travail.
La suite, Philippe l’a excellemment rapportée dans son compte rendu (disponible).
Je ne citerai que trois chiffres qui parlent d’eux-mêmes:353 consultations, 367 pathologies rencontrées et tout cela en 12 jours.
J’ai profité du temps qui m’était laissé pour rencontrer la présidente de la coopérative féminine et faire le point sur les activités que nous avions mises en place précédemment. En raison de l’absence d’une grande partie des femmes, encore avec les animaux en brousse, nous avons décidé de nous revoir après la construction de l’école de Dilafata.
La Banque céréalière, autre activité mise en place il y a deux ans, constituée à partir de prêts effectués par des personnes solidaires, et qui avait connu des problèmes l’année passée (vol et crédits non honorés) a mérité toute mon attention. Des mesures avaient été prises :pas de crédit et réinvestissement de l’argent dans l’achat de mil ou riz etc… dès que la somme en caisse atteint 100 000cfa. De 90 sacs, nous étions passés à 58 sacs. Quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre que quasiment la totalité des sacs avaient été vendus à crédit sans l'accord des membres du bureau. Le président de Aourindé, Sanda, a autorisé la vente à crédit en donnant une date de remboursement correspondant à la fin du ramadan. Devant des symptômes d’irritation très perceptibles de ma part, Sanda m’a rassuré en m’affirmant que tout serait régularisé après la fête. Rendez-vous a donc été pris à mon retour de Dilafata.
1000 briques sont commandées, 500 sont destinées à la construction d’une maison, le reste ira aux villageois désireux de construire des douches.
Le village qui ne comptait aucune maison en dur, l’année passée, a vu son paysage changer. En effet, ce sont 9 maisons qui sont construites à ce jour et bientôt une dixième.
La Coupe LéZarts Humanitaire
Dans nos bagages, suite à la demande d’un surveillant d’école à Abalak, nous avons apporté un équipement complet pour une équipe de foot :un jeu de maillots d’entraînement, 20 paires de chaussures, 2 ballons et une coupe qui sera disputée lors d’un tournoi que le club organisera courant novembre. Ce tournoi a été organisé avec des équipes de jeunes des quartiers et doté de prix allant de 15 000cfa pour le gagnant, 10 000cfa pour le second et 5000cfa pour le troisième.
La remise des maillots s’est faite en présence de Monsieur le Préfet, le Secrétaire Général de la Préfecture, le Maire d’Abalak et différents représentants de clubs. Un mouton grillé et 4 caisses de sucreries ont fait les frais de la soirée.
Le protocole d'accord
Deux ébauches de protocoles d’accord avaient été rédigées précédemment sans être finalisées. Devant le peu d’implication d’Aourindé sur la construction de l’école de Tagayet, j’ai souhaité me mettre en phase avec les recommandations des directives du Programme Spéciale du Président de la République (PSP) pour établir le protocole définitif, sur les conseils du responsable départemental du développement et de l’action sociale.
Le principe du protocole est simple : la participation villageoise assure la fourniture des matériaux indigènes (sable, eau, graviers, cailloux, bouses, paille, fabrication de briques en argile) et le transport de toutes ces marchandises sur le chantier.
De notre côté, nous prenons en charge la main d’œuvre qualifiée ainsi que leur manœuvre, l’intendance (cuisinier, interprètes, chauffeur).
Nous prenons en charge également toutes les factures de matériaux, la fourniture des menuiseries métalliques, les frais administratifs (Génie rural), tous les frais d’essence et de réparation du véhicule etc… et nous proposons même d’assurer tous les transports de matériaux indigènes (hors protocole).
J’ai précisé, aussi, que le protocole n’était pas forcément figé et que, en fonction des contraintes, il pourrait être adapté.
L’acceptation du protocole par Aourindé a été la partie la plus pénible de mon passage à Tagayet. Des discussions interminables de marchands de tapis nous ont fait perdre près d’une dizaine de jours et aussi, souvent, notre sang froid. Il aura fallu un ultimatum et l’intervention du Préfet pour que le protocole soit accepté dans sa globalité le dernier jour.
Evidemment, ce protocole était moins favorable que celui de Tagayet. Nous prenions, dans le chantier précédent, tout à notre charge sauf que notre seule exigence était la fourniture d’eau pour la boisson, la cuisine, la toilette (250 l/jour pour 20 personnes, nous fournissons les bidons). Je me souviens avoir menacé plusieurs fois de quitter le travail parce que cette condition n’était pas respectée..
Dans ma conception de l’humanitaire il y a la notion de partage. Il ne s’agit pas de monter des dossiers et, lorsqu’une ONG s’intéresse au projet, considérer que le travail est terminé :ce n’est que le début. Derrière le projet, il y a des personnes qui le montent, le réalisent et souhaitent la plus grande implication possible des demandeurs.
L'école de Dilafata
Le 16 octobre, nous nous rendons à Tahoua passer la commande de matériaux et le transfert du matériel de Tagayet à Dilafata, distant de 52 km, peut commencer (3 voyages seront nécessaires). Le président d’Aourindé nous remet aux mains des responsables de Dilafata qui nous assurent que 8 manœuvres seront mis à notre disposition (nous n’en demandions que 4) et que déjà les 2000 briques commandées sont faites.
L’équipe de maçons qui me suit depuis trois ans et qui "rongeait son frein" depuis 10 jours a appris, avec un grand soulagement, que le travail allait se faire.
Le service du génie rural, impliqué dans le travail, vient piqueter le terrain.
Le bâtiment sera à l’identique de celui construit l’année passée à Tagayet. Il est destiné à recevoir une salle de classe de 12m sur 6.4m qui, éventuellement, peut être cloisonnée en deux. Une partie magasin de 4m sur 6.4m nous permettra de stocker une partie de notre matériel à la fin du travail. Ce local, par la suite, sera libéré et une toute autre affectation pourra être trouvée.
Le 25 octobre le matériel est livré et les travaux peuvent commencer.
L’ambiance est redevenue bonne et tout le monde respire. Odi et Diori, les responsables, se démènent pour organiser les équipes de manœuvres. Ils sont jeunes, sans expérience du bâtiment et non rémunérés. Au bout de 4 jours de travail, je vois venir le spectre de la rupture en approvisionnement se profiler. Les bras des manœuvres sont devenus lourds, les dos douloureux et, à tout instant, l’occasion est bonne de me rappeler que le travail c’est difficile!
Le 28 octobre, je demande à Boubacar, mon second, de se rendre à Abalak chercher 3 personnes pour pallier le problème d’approvisionnement en matières premières. Ils délesteront les villageois de leur participation
Deux semaines après le début des travaux, on ne pouvait plus compter sur notre participation villageoise, sauf pour l’eau. En deux voyages pour le marché d’Abalak, le village s’est vidé de sa population adulte et de nos manœuvres.
Le 28 octobre les travaux sont terminés, Le nouveau mât pourra recevoir son nouveau drapeau même si les couleurs ne sont pas très fidèles.
Nous livrerons le mobilier : 10 tables, 10 bancs, un bureau, une chaise, une armoire et un cadeau pour l’instituteur, un fauteuil pour les longues soirées en brousse. Je me suis permis, devant l’abondance des cadeaux offerts aux enfants de Tagayet par l’école jumelée de Jonchery, d’en faire profiter les 28 élèves de l’école de Dilafata.
A la fin du travail, nous avons remis 5 sacs de ciment aux habitants pour leur permettre de couler des dalles dans les douches etc…
LézArts Humanitaire a acheté pour 210 000cfa de matériel scolaire et de livres pour les écoles de Tagayet, Dilafata et Inagoungour.
L’ancienne école a été réhabilitée en logement pour l’instituteur. Une dalle a été coulée et une bonne porte est venue fermer la maison.
J’avais souhaité rencontrer les parents d’élèves et les habitants, à la fin du chantier mais ça n’a pas été possible :il ne restait à Dilafata que quelques adultes. Heureusement, les enfants sont là, l’instituteur Al Moustapha aussi et l’école pourra fonctionner dans de bonnes conditions.
Le Sarki, chef hiérarchique de la lignée et responsable du village de Tatis, m’a envoyé deux émissaires pour que je me rende dans son village. Depuis deux années, il nous sollicite pour que nous construisions une salle de classe dans son village. Malheureusement, nous n’avions plus le temps de lui rendre visite.
L’année passée, j’avais eu l’occasion de me rendre dans le village où je n’avais rencontré que 3 personnes. Nous réétudierons la situation plus tard.
Les activités :
- la coopérative des femmes
Le retour à Tagayet se fera le 29 novembre. Il reste à régler quelques problèmes et un peu de travail.
Deux choses restaient à voir: la réunion avec la coop des femmes, et savoir si les crédits de la banque céréalière avaient été honorés.
La coopérative féminine est divisée en trois activités : une boutique chargée de commercialiser des denrées de base, une activité couture, artisanat; ces deux activités tournent au ralenti pour le moment.Par contre, l’atelier engraissement a pris un rythme de croisière: 21 femmes en font partie, chacune possède un animal à engraisser et elles sont à jour de cotisations. Le prêt de départ de deux cent mille francs à échéance annuelle a été reconduit et, autant les femmes que nous, LézArts Humanitaire, souhaitons continuer notre coopération et l’améliorer.
- la banque céréalière
La réunion du bureau de la banque céréalière a confirmé les craintes qui étaient miennes le mois précédent. La date d’échéance est passée depuis plus d’un mois et aucun remboursement n’a été effectué. Ceci est très dommageable pour la coop. En effet, la récolte de mil a été bonne et le prix d’un sac varie entre 8 000 ou 9 000 cfa en novembre: une aubaine pour une coop, quand on sait que l’année passée nous avions payé le sac 13 500cfa.
Les membres présents ont bien compris que ce n’était pas une bonne gestion et ils m’ont assuré que tout serait mis en place pour que l’argent soit récupéré le plus vite possible et réinvesti. (à suivre)
Une dernière visite à l’école de Tagayet avant notre départ s’impose. Les instituteurs étaient satisfaits du nombre d’enfants inscrits cette année. On a retrouvé un effectif qui justifie la présence de deux instituteurs. A la rentrée, seule une quinzaine d’enfants s’étaient présentés; aujourd’hui ils sont 65.
les élèves de Tagayet _ décembre 2007
Comme à l’habitude, j’ai remis les cadeaux offerts par les enfants de l’école de Jonchery (France, jumelée depuis trois ans avec Tagayet) et récupéré les cadeaux et dessins pour leurs camarades français. Les instituteurs m’ont transmis aussi la liste du matériel et de livres à acheter pour leur permettre de travailler.
Ecole de Inagoungour
Lors de mes séjours, je suis régulièrement sollicité par des porteurs de projets. Cette année, notre attention a été particulièrement attirée par un projet de construction d’école à Inagoungour, village Touareg situé à 40 km d’Abalak. Nous décidons de faire un crochet.
Deux bonnes heures de route pour faire 40 km et nous nous retrouvons dans un village que je qualifierai d’éclaté : un noyau central et des maisons disséminées sur les dunes avoisinantes à une distance pouvant aller jusqu'à 8 km, que l’on appelle ici ceinture.
Une paillote, de 5m sur 5m fraîchement construite, fait office d’école. Nous rencontrons François Nasser qui en est l’instituteur et qui nous présente son école et ses élèves.
La paillote est vide: pas de tables, pas de bancs, pas de nattes au sol, les élèves sont assis par terre et ne possèdent même pas une ardoise. Seule une plaque de contre-plaqué de 2m sur 1m fait office de tableau.Logiquement les enfants n’avaient pas cours ce jour là, mais en raison de notre venue, ils se sont rendus en classe pour nous accueillir. Ils étaient plus de trente alors que l’effectif est d’une bonne cinquantaine.
La classe est ouverte depuis deux mois seulement et Nasser son instituteur, est heureux de nous montrer le travail que les élèves ont accompli en si peu de temps. La démonstration est indiscutable et convaincante.
Les conditions pour construire une école sont réunies; reste à savoir si nous pourrons trouver sur place les matériaux nécessaires. En une petite matinée, le tour des différents sites est fait. Pas de problème pour le sable, les pierres, l’argile, l’eau etc… Pour le travail, tout est OK, seulement, pour ce qui est de l’eau de consommation c’est un problème. L’eau du puits est imbuvable (pour nous): sa couleur et son odeur n’incitent pas à se désaltérer.
J’attire l’attention des responsables sur le fait que nous avons des exigences et qu’un protocole d’accord sera signé avant le début des travaux. Ils se disent d’accord. Je leur ai quand même lu le protocole mais leur avis n’a pas changé.
Le village a été créé il y a une vingtaine d’années. Les Touaregs sont des Touaregs noirs, ils ont pendant des siècles été les esclaves des Touaregs blancs. Lorsque l’esclavage a été aboli, ils se sont sédentarisés sans aide ni réel moyen. Ils cultivent du mil, quelques épices et élèvent des chèvres, principalement. Pas de case santé, pas de boutique.
Nous discuterons prochainement, en interne, l’opportunité de construire une école à Inagoungour.
Les autre projets :
- l'ONG Aourindé, avec laquelle nous travaillons depuis 5 ans, nous sollicite pour construire 7 salles de classe dans autant de villages différents.
Extrait du courrier du 17 avril 2008 :
"Pour notre collaboration à venir, je te propose les villages suivants : Talmazala d'abord, puis Soudou Abba, Tatis, Doubangel, Boula Djabé, Hanna Hara, et enfin Tadouboute (région de Ingal)."
- La Coopérative d'engraissement des animaux de Tagayet animée par les femmes, mérite d'être financièrement confortée. Une partie des bénéfices réalisés peut être utilisée pour fournir la cantine en nourriture et une caisse maladie pourrait être initialisée.
Des nouvelles de Dan Marké :
Cette année nos n’avons pas eu le temps de passer à Dan Marké mais grâce à une couverture de plus en plus grande du territoire par le téléphone portable, nous avons eu les informations que nous souhaitions sur les activités mises en place au village. Tout va bien, mais nous sommes toujours sollicités pour construire un forage.
*1 euros = 656 f cfa = 6,56 F français 1000f cfa =10f français.
* * *
Que devient LézArts Humanitaire 2007
Cette année a vu l’aboutissement de 5 années de travail. L’école de Tagayet est maintenant terminée mais il aura encore fallu le travail de 20 personnes, pendant 4 mois cet hiver, pour en venir à bout.
Les réalisations de cette année:
Après la nomination l’année passée d’un deuxième instituteur pour les classes de CP et CE, une nouvelle salle de classe a vu le jour. Un bâtiment de 100 m° composé d’une réserve et d’une salle de classe a été construit et inauguré mi février.
Elle accueille 35 enfants.
Des livres et du matériel scolaire pour un montant de 210 000f cfa (310 €) sont venu en complément des dons effectués par les enfants de l’école de Jonchery (52 France) jumelée avec l’école de Tagayet.
Les murs extérieurs et les portes viennent terminer la construction.
Un gardien à été embauché. Son salaire est de 25000F cfa, il surveillera l’ensemble des bâtiments et s’occupera des besoins de l’école et du corps enseignant. Une maison à été construite pour l’héberger ainsi que sa famille.
Deux petites constructions servant de douche ont été installées et du mobilier, (4 armoires, 6 lits, 6 fauteuils, 1 bureau, 4 chaises) a été fabriqué.
La pose de panneaux directionnels à pris toute sa signification après la fin des travaux.
Une petite déception liée à l’effectif de l’école qui est en baisse, 50 enfants scolarisés cette année au lieu de 65 l’année passée. La raison principale en est le départ d’une lignée due au manque d’eau pour abreuver les troupeaux. Deux nouveaux puits sont en construction ce qui laisse à penser qu’un retour des familles est envisageable.
Une autre raison avancée, l’absence de cantine.
Le dossier déposé auprès du P A M par le président du comité de gestion de l’école, est resté pour le moment sans suite, et peu de parents acceptent d’apporter de la nourriture à leurs enfants lorsqu’ils sont scolarisés.
Les dortoirs : Prévus à l’origine pour permettre aux parents de laisser leurs enfants à l’internat, n’ont pas été construits. Deux pièces de 25 m° sont toutefois disponibles.Une est utilisée pour le logement de l’instituteur et la 2 eme a servi de salle de classe provisoire. Un hébergement chez l’habitant, une pratique courante en Afrique pour résoudre les problèmes d’internat, sera envisagée. Elle fonctionne d’ailleurs déjà à petite échelle.
Dans l’état actuel, l’école est terminée.
Nous suivrons de près la fréquentation des classes et ses besoins.
Depuis maintenant 1 mois, les instituteurs sont en grève faute de n’avoir entre -autre pas reçu de salaire (40 000F cfa, 60 euros)par mois.
Pour tenter de palier ce genre de problèmes, nous apportons de façon permanente un complément mensuel sous la forme d’une prime de 25000Fcfa. Cette prime permet de dépanner mais prendre la totalité du fonctionnement à notre compte ne rendrait service à personne.
Les parents et l’état doivent prendre leurs responsabilités.Tous ces problèmes seront évoqués lors de l’assemblée générale de septembre.
Bilan des activités mises en place en 2006 :
Ces activités connaissent un départ quelque peu chaotique :
La coopérative féminine, dotée d’un budget de 410 000f cfa 626€ réparti en 3 ateliers :
Atelier couture:Après avoir réalisé broderie et bijoux le problème de l’écoulement de la marchandise s’est posé.
Boutique alimentaire: Gestion difficile due au manque de savoir et au recours trop important au crédit.
Engraissement: Plus adapté aux habitudes et malgré la perte de quelques animaux le bilan de l’atelier reste positif.
L’atelier couture à été mis en sommeil, la boutique alimentaire fonctionne au ralenti,nous manquons de personnes pour familiariser les femmes avec le fonctionnement d’une boutique.
L’engraissement des moutons à été reconduit avec un budget de 210 000F cfa 320 euros,ces sujet seront aussi abordés en septembre, à l’assemblée générale.
La banque céréalière a été victime d’un vol par effraction (380 000f cfa /580 €) pendant la saison des pluies.A cette époque de l’année les nomades partent à la recherche de pâturages et ne rentrerons qu’en septembre au plus tôt. La surveillance du village n’est assurée que par quelques familles. Les risques de vol sont donc grands
Le crédit est aussi souvent employé mais il n’est pas toujours remboursé dans les délais, pour pouvoir renouveler le stock.
L’intérêt de la coopérative est indiscutable, nous avons donc adapté des dispositions pour que cette activité reste pérenne et productrice:
Fin de la vente à crédit, et quand la somme en caisse atteind 100 000F cfa(150 euros) l’argent est réinvesti dans l’achat de produits alimentaires de base( riz mil maïs)
Le solde de 841 000 f cfa (1284 €) à été réinvesti dans l’achat de 6 T de mil.
Je voulais remercier tous les ouvriers qui ont participé à la réalisation du chantier ainsi que les donateurs et particulièrement nos bénévoles, Brigitte notre infirmière venue pour la deuxième année consécutive et Jacques qui à apporté toutes ces compétences de professeur pour les finitions.
Les projets:
Pour permettre aux enfants de travailler le soir, une installation électrique, à partir d’un panneau solaire sera installée à Tagayet (650 000 f cfa 1000 €).
D’autres villages avaient déjà sollicité dans le cadre du projet de développement global, la construction d’écoles. Le village de Dilafata à été retenu. Ce village est situé à 30km de Tagayet et 20 km d’Aballak, l’école existe déjà mais est en très mauvais état . Elle ne possède ni table ni banc et est dénuée de tout matériel pédagogique. Cette année nous construirons donc un bâtiment de 100m°à Dilafata pouvant recevoir 1 ou 2 salles de classe et une maison pour l’instituteur.
L’assemblée générale:
Les peuls wodaabé, peuple nomade, organise depuis 4 ans une assemblée générale qui se tient sur les sites sédentaires. Cette année c’est le site de Tagayet qui à été retenu. On attend la venue de 10 000 personnes du 22 /09/07 au 29/09/07. Lézarts humanitaire a décidé d’être présent pour permettre à l’ONG Aourindé d’être la plus efficace possible.Un hangar métallique de 200 m° couvert de nattes pour acueillir les invités et servir de lieu de réunion à été préparé .
Nous pensons apporter notre aide surtout sur le plan sanitaire en mettant en place une antenne médicalisée. Nous sommes à la recherche de volontaires du milieu médical ainsi que de médicaments.
Merci à tous ceux qui nous ont aidé jusqu’à présent et j’espère que vous serez encore plus nombreux à nous suivre pour vivre ensemble la suite de notre projet .
Patrick Baumann